Enfants et adolescents

“ Ce que l’enfant peut faire aujourd’hui avec de l’aide, il pourra le faire seul demain.

— Lev Vygotsky

Pourquoi accompagner son enfant chez le psychologue ?

Les motifs de consultations sont variés car les problématiques de l’enfant et les problématiques de l’adolescent s’expriment de façon très diverses : elles peuvent toucher l’ensemble des sphères de la vie infantile à savoir l’émotion, le corps, l’apprentissage et la scolarité, le rapport aux autres et le rapport au monde en général.

En effet, les sphères physiologique, affective, sociale et cognitive sont étroitement liées. C’est donc par ce que nous donne à voir l’enfant que nous allons percevoir qu’il est en difficulté :

  • il a du mal à dormir, il fait des cauchemars à répétition, il est fatigué, son sommeil ne semble pas réparateur,
  • son alimentation est très sélective, il mange de manière non raisonnable, il ingurgite des quantités d’aliments avec excès,
  • il s’inquiète de manière démesurée, il est très anxieux face à un évènement ou des situations particulières, il a une timidité excessive,
  • il est très agité, a un comportement « hyperactif », il ne tient pas en place, son impulsivité ou sa maladresse handicape son quotidien, son rapport aux autres et sa scolarité,
  • il se replie, se renferme sur lui-même, s’isole des siens,
  • son humeur est perturbée, il présente des colères récurrentes, une tristesse continue et persistante,
  • il a du mal à se concentrer, à apprendre,
  • il refuse de retourner à l’école, ses résultats scolaires ont brutalement chuté,
  • il refait pipi au lit alors qu’il avait acquis la propreté,
  • il a du mal à se séparer de vous, il ne veut pas dormir dans sa propre chambre,
  • il s’oppose toujours aux autres, il a un comportement défiant ou provocant, il ment beaucoup, il vole,
  • il est agressif envers lui-même et/ou avec son entourage, ses rapports aux autres sont conflictuels,
  • il est très ritualisé, il déteste les changements d’activités ou dans son environnement de vie (par exemple sa chambre) et y réagit d’une manière qui vous semble disproportionnée,
  • il a des comportements « étranges », difficiles à nommer et à expliquer,
  • etc.

Ces difficultés peuvent avoir un impact durable sur le développement si elles ne sont pas accompagnées.

Les consultations psychologiques visent à réduire les symptômes, mais aussi à soutenir l’enfant dans cette période de vulnérabilité en l’aidant à comprendre ses émotions, à mieux gérer ses réactions et à développer des stratégies adaptées. Un accompagnement précoce favorise un développement harmonieux et limite le risque que ces difficultés s’ancrent dans ses comportements futurs.

Quand consulter ?

Vous pouvez consulter dès qu’un malaise, une difficulté ou un changement inquiétant apparaît chez votre enfant ou adolescent. Il n’est jamais trop tôt pour demander de l’aide : intervenir tôt permet d’éviter que les difficultés ne s’installent.

Tout changement rapide dans les émotions, le comportement, le sommeil ou la scolarité mérite attention. Un accompagnement professionnel permet alors de comprendre la situation et de mettre en place des stratégies adaptées pour aider votre enfant.

Comment se passe la première séance ?

La première séance sert avant tout à faire connaissance et à comprendre la demande de l’enfant, de l’adolescent et de ses parents. Elle permet d’échanger ensemble sur les difficultés rencontrées, le contexte, et les besoins de chacun.

En général, la rencontre débute avec les parents et l’enfant ensemble, afin d’obtenir une vision partagée de la situation. Il est également possible que le psychologue échange séparément avec les parents et avec l’enfant ou l’adolescent, pour permettre à chacun d’exprimer sa propre perception et ses attentes.

Cette première séance a pour objectif de clarifier les difficultés, de repérer les ressources, et d’identifier ce qui pourrait aider l’enfant de manière concrète.

À la suite de cette rencontre, le psychologue propose l’orientation la plus adaptée :

• un accompagnement psychologique,

• un suivi ponctuel,

• ou, si nécessaire, une évaluation ou un suivi complémentaire (psychomotricité, orthophonie, neuropsychologie, pédopsychiatrie, etc.).

L’idée est que la famille reparte avec une compréhension plus précise de la situation et des propositions claires sur la suite possible de l’accompagnement.

En quoi consiste un suivi psychologique pour un enfant ?

Les enfants n’utilisent pas toujours le langage comme les adultes pour exprimer ce qu’ils vivent. Les plus jeunes passent souvent par le jeu, le dessin, les histoires ou d’autres supports ludiques pour montrer leurs préoccupations, leurs émotions ou leurs difficultés du moment.

Le psychologue interagit alors avec l’enfant : il discute, observe, propose des activités et accompagne l’enfant dans la mise en mots de ce qu’il ressent et de ce qu’il pense. Avec les adolescents, les échanges verbaux sont généralement plus directs, mais certains préfèrent commencer par un support concret (dessin, carte émotion, activité).

L’objectif du suivi est d’aider l’enfant ou l’adolescent à :

• identifier ses émotions,

• comprendre ce qui déclenche certaines réactions,

• relier ses pensées, ses émotions et ses comportements,

• et expérimenter de nouvelles stratégies lorsqu’une situation le bloque ou l’inquiète.

Ces prises de conscience et ces apprentissages permettent d’avancer, que la difficulté provienne d’une situation réelle ou d’une interprétation qui génère du stress, de la peur ou de la colère. Le suivi vise ainsi à rendre l’enfant progressivement plus autonome et plus outillé pour faire face à ce qu’il traverse au quotidien.

Le psychologue peut-il nous rapporter les dires de notre enfant ?

Si le psychologue échange avec les parents sur l’évolution de leur enfant, il ne peut pas leur transmettre ce que celui-ci lui confie en séance, sauf en cas de risque pour sa sécurité. Ce cadre est défini par la déontologie et par la loi.

Comme pour les adultes, les enfants et les adolescents ont besoin d’un espace sécurisé, où ils peuvent exprimer librement ce qu’ils ressentent, pensent ou vivent, sans crainte que cela soit répété. Cette confidentialité leur permet de mettre des mots sur leurs émotions, de poser leurs questions, d’aborder leurs difficultés et d’explorer de nouvelles façons de réagir.

Le psychologue occupe une place de tiers, extérieure au cercle familial. Cette position lui permet d’offrir un cadre stable, clair et non jugeant, où l’enfant ou l’adolescent peut réfléchir, expérimenter et comprendre ce qui se passe pour lui.

Cet espace sert notamment à :

• identifier les émotions,

• repérer les pensées qui les accompagnent,

• comprendre les comportements qui en découlent,

• et apprendre progressivement de nouvelles stratégies pour aller mieux.

La parole joue un rôle central : lorsqu’un enfant ou un adolescent comprend mieux ce qu’il traverse, il devient possible d’initier un processus de changement concret. Beaucoup se sentent soulagés de disposer d’un lieu où leurs émotions — tristesse, colère, inquiétudes, honte — peuvent être exprimées, accueillies et travaillées de manière constructive.

Quelle est la place des parents dans la thérapie de leur enfant ?

La thérapie de l’enfant est un travail d’équipe, dans lequel les parents occupent une place importante. Leur implication est essentielle pour comprendre la situation, soutenir les changements entre les séances et favoriser un climat familial plus apaisé.

Des rencontres régulières avec les parents peuvent être proposées sous forme de séances de guidance parentale. Elles permettent de :

• partager des observations sur l’évolution de l’enfant,

• comprendre ce qui peut maintenir certaines difficultés,

• proposer des stratégies concrètes pour accompagner l’enfant au quotidien,

• renforcer la coopération au sein de la famille.

Avec les adolescents, les modalités sont adaptées : ils ont souvent besoin d’un espace plus personnel pour parler librement. Les échanges avec les parents restent indispensables, mais ils se font dans un cadre clair et transparent, défini avec l’adolescent afin de respecter son besoin d’autonomie et de garantir la confidentialité de ce qui est dit en séance.

L’objectif est de construire une collaboration équilibrée, où l’adolescent se sent respecté, les parents soutenus, et où chacun sait comment contribuer au mieux au processus thérapeutique.

A quoi sert une thérapie d’enfant ?

Une thérapie d’enfant ou d’adolescent vise avant tout à comprendre ce qu’il traverse et à l’aider à retrouver un meilleur équilibre émotionnel, comportemental et relationnel. Le travail thérapeutique permet de diminuer les difficultés rencontrées (anxiété, colère, retrait, troubles du sommeil, problèmes scolaires, conflits, etc.) et de renforcer les compétences nécessaires pour faire face aux situations du quotidien.

L’accompagnement aide l’enfant ou l’adolescent à :

• mieux reconnaître et réguler ses émotions,

• comprendre ce qui déclenche certaines réactions,

• adopter des stratégies plus adaptées,

• améliorer ses relations sociales et familiales,

• gagner en confiance, en autonomie et en bien-être.

La thérapie peut également soutenir l’enfant dans des moments difficiles, comme un deuil, une maladie, un accident, une séparation, ou tout autre événement qui a pu le bouleverser.

Dans les situations de handicap ou de troubles du développement, elle permet d’aider l’enfant ou l’adolescent à mieux comprendre son fonctionnement, à utiliser ses forces et à s’adapter plus sereinement à son environnement familial, scolaire ou social.

L’objectif global est de permettre à l’enfant de se sentir mieux dans son quotidien et de se développer dans de bonnes conditions, afin qu’il puisse avancer avec davantage de confiance et de ressources.

Combien de temps dure un suivi d’enfant/adolescent ?

Chaque accompagnement est unique, car il dépend de l’enfant, de ses difficultés et de son rythme de progression. Il n’est donc pas possible de déterminer à l’avance la durée exacte d’un suivi. La thérapie avance à la vitesse de l’enfant.

En général, plus l’intervention est précoce, plus le suivi peut être relativement court. La durée dépend également de l’intensité des difficultés et de leur enracinement : plus les problématiques sont anciennes ou complexes, plus l’accompagnement peut être long.

Il n’est pas surprenant qu’un enfant consacre seulement quelques minutes par semaine à parler de lui-même : ces moments réguliers, même courts, peuvent produire de réels changements sur son quotidien.

Le suivi peut être interrompu à tout moment, selon les besoins de l’enfant ou de la famille. Il est cependant recommandé de prévoir une dernière séance planifiée, afin de faire le point sur les progrès, de clôturer le suivi de manière sécurisée et de permettre à l’enfant de dire au revoir dans de bonnes conditions.

Comment choisir le psychologue de mon enfant ?

Choisir un psychologue repose avant tout sur la confiance et le sentiment d’être à l’aise avec lui. La qualité de la relation avec le psychologue est un facteur clé de réussite d’un suivi : il est important que vous et votre enfant vous sentiez écoutés, compris et sécurisés. Une relation de confiance avec le psychologue permet à l’enfant de s’investir dans la thérapie et de bénéficier pleinement de l’accompagnement.

L’implication des parents est également essentielle : l’enfant s’appuie souvent sur le ressenti de ses parents pour investir son suivi. Si les parents ont des réticences, des inquiétudes ou des difficultés à accepter le suivi, l’enfant peut se sentir partagé et moins libre d’exprimer ses émotions et ses pensées.

Il est normal que la psychothérapie de l’enfant puisse générer chez les parents des émotions comme la culpabilité ou l’inquiétude. L’important est de pouvoir en parler librement avec le psychologue. Cet échange permet de dépasser ces sentiments et de soutenir efficacement l’enfant dans son parcours.

En somme, un psychologue à l’écoute, clair dans son rôle et soutenu par des parents impliqués, crée un cadre sécurisant et propice à un suivi productif pour l’enfant ou l’adolescent.

Mon enfant ne va-t-il pas se sentir mal et différent des autres s’il fait une thérapie ?

En général, les enfants n’ont pas de représentation négative de la psychologie ou du psychologue. Ce sont souvent les parents qui influencent le regard de leur enfant sur le suivi : un discours calme et rassurant permet à l’enfant de considérer la thérapie comme un espace positif et utile pour lui.

Chez les adolescents, certaines idées préconçues peuvent exister. Il est alors utile d’en discuter avec eux afin de les clarifier et de les dépasser, pour qu’ils s’investissent pleinement dans le suivi.

Si l’initiative de consulter vient des parents, choisissez un moment calme, hors d’une crise ou d’une situation émotionnelle forte, pour en parler avec votre enfant. Expliquez-lui simplement que la psychothérapie est un espace pour mieux comprendre ses émotions, trouver des stratégies pour se sentir mieux et apprendre à gérer les situations difficiles.

Cette approche permet à l’enfant ou à l’adolescent de percevoir la thérapie comme un outil concret et sécurisant, plutôt qu’une situation anxiogène ou stigmatisante.

Et si mon enfant ne veut pas voir un psychologue ?

Il est important d’être à l’écoute de votre enfant et de comprendre ses désirs et ses craintes concernant un suivi psychologique. En même temps, il est utile de considérer son besoin d’accompagnement et les bénéfices qu’il pourrait en tirer.

Lorsque votre enfant exprime un refus, cela peut simplement refléter sa timidité ou son inconfort face à une situation inconnue. Il s’agit alors d’avancer progressivement, en nommant et en discutant ses réticences, plutôt que de forcer la démarche. Parfois, il suffit de laisser le temps à la relation thérapeutique de se mettre en place : découvrir le psychologue, le lieu, les activités possibles et prendre confiance petit à petit.

Pour aider votre enfant à se sentir rassuré, vous pouvez :

• lui présenter ce site et le cabinet,

• lui expliquer concrètement ce qu’il pourra faire (dessiner, jouer, écouter ou créer des histoires, parler de ses goûts et de ses difficultés),

• lui dire que le premier rendez-vous est juste « pour voir », sans obligation de parler, surtout pour les adolescents.

Vous pouvez également partager votre propre motivation : expliquer que vous souhaitez consulter pour mieux comprendre et soutenir votre enfant.

Après cette première rencontre, il est possible de revoir ensemble son désir de continuer le suivi, que ce soit avec moi ou un autre psychologue. L’important est que votre enfant sache qu’il existe des possibilités pour aller mieux et qu’il conserve un libre consentement à participer.

Si le refus persiste, le suivi individuel n’est pas obligatoire : un accompagnement sous forme de guidance parentale peut tout de même être mis en place pour travailler sur la situation familiale et soutenir votre enfant indirectement.